Test Tales of Kenzera : ZAU : Un metroidvania dans la cour des grands

Clémence Usseglio Publié par Clémence Usseglio
le 22 avril 2024 à 16h00
Nous avons eu l'opportunité de jouer à Tales of Kenzera : ZAU, le metroidvania de Surgent Studios et d'Electronic Arts (EA Originals). Voici notre avis complet.
Test Tales of Kenzera : ZAU : Un metroidvania dans la cour des grands

Conditions de test

  • Console utilisée : PS5
  • Manette utilisée : DualSense
  • Temps de jeu : 12 heures (avec l'obtention du Platine)
Comme indiqué ci-dessus, nous avons joué à Tales of Kenzera : ZAU d'après une version PS5. Sur la dernière console de Sony, le titre est des plus exemplaires : les temps de chargement sont ultra-rapides et la stabilité générale est au rendez-vous. Ainsi, nous n'avons rencontré aucun problème technique tout au long de notre test et le jeu n'a pas crashé une seule fois. 

Avant de rentrer dans le vif du sujet, précisons que nous avons terminé Tales of Kenzera : ZAU, et obtenu son Platine, en 12 heures environ. Durant une présentation presse, les développeurs de chez Surgent Studios ont expliqué que terminer Tales of Kenzera : ZAU demande entre 8 à 10 heures de jeu. Une estimation tout à fait juste, donc.

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Un voyage initiatique par delà le deuil

Une histoire personnelle, une affliction universelle

Tales of Kenzera : ZAU représente une part de l'histoire personnelle de l'acteur Abubakar Salim (la voix de Bayek dans Assassin's Creed Origins), qui est également le fondateur de Surgent Studios. Mais c'est aussi une part de notre histoire, de la vôtre et celle de milliards de personnes sur Terre car Tales of Kenzera : ZAU parle du deuil, du chagrin causé par la perte d'un être cher, de l'acceptation de ce fait inaltérable qui nous touche toutes et tous.

Le scénario de Tales of Kenzera : ZAU est fortement inspiré par le deuil d'Abubakar Salim, qui a perdu son père il y a plusieurs années de cela. D'ailleurs, le fondateur de Surgent Studios explique ceci, dans un article à retrouver sur le site officiel :
[...] Quand j'ai commencé à imaginer ce jeu, je me suis posé cette question : « Que serais-je prêt à donner pour ramener mon père à la vie ? Pour passer plus de temps avec lui ? ». Je n'avais pas la réponse quand j'ai commencé le jeu. Et je ne l'ai toujours pas. Mais je m'en rapproche [...]
L'histoire de Tales of Kenzera : ZAU, qui est plutôt émouvante mais qui ne verse pas pour autant dans le larmoyant, parvient avec justesse à traiter cette thématique universelle grâce à un fil narratif original bien pensé.

Miniature vidéo

Affronter le deuil

Tales of Kenzera : ZAU se déroule dans deux espaces-temps, qui sont connectés l'un à l'autre par le biais d'un conte bantou. L'introduction nous permet de rencontrer Zuberi, un jeune homme qui vient, malheureusement, de perdre son père. Endeuillé, Zuberi commence la lecture d'un livre écrit par son défunt père. L'ouvrage en question raconte l'histoire de Zau, un jeune chaman d'Amandla, qui lui aussi fait l'expérience du deuil à la suite de la mort de son Baba (comprenez « père »).

De ce fait, sur Tales of Kenzera : ZAU nous incarnons Zuberi et Zau. Or, la majeure partie du temps, nous contrôlons le jeune chaman, qui a passé un pacte avec le dieu de la mort, nommé Kalunga. Si Zau parvient à apporter la paix à trois grands esprits, qui résident à Kenzera et qui ont trompé la mort, Kalunga lui rendra son père. Un périple durant lequel nous sommes témoins des émotions de Zau, qui passe par les différentes phases du deuil (colère, chagrin, etc.), mais qui est déterminé à retrouver son Baba. Ainsi, l'aventure de Zau est en quelque sorte un moyen pour Zuberi d'accepter le décès de son père.

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Cette double narration est réellement bien pensée et fonctionne très bien en jeu. À aucun moment, nous ne sommes perdus car l'histoire est bien amenée et est, en réalité, assez simple, afin que chacun comprenne d'emblée le synopsis. De plus, nous avons trouvé que l'utilisation d'un livre, écrit par la propre main d'un défunt, comme vecteur narratif est une très bonne idée.

Tales of Kenzera : ZAU nous transporte, ainsi, à Kenzera, un endroit aussi magnifique que dangereux,  qui personnifie à lui seul le deuil et surtout porte les marques du genre metroidvania.

Un metroidvania des plus réussis

Formule maîtrisée

Afin de trouver les trois grands esprits, pour respecter le pacte passé entre Zau et Kalunga, nous devons traverser plusieurs grandes régions de Kenzera, où il est possible de croiser des personnages secondaires, qui apportent un peu plus à la narration. Chaque zone, proposant un type d'environnement (forêt, caverne, etc.) en adéquation avec les phases du deuil mais aussi son lot de pièges, d'énigmes et d'affrontements, bénéficie d'un level design très maîtrisé pour un tout évolutif. Comprenez par là que l'exploration des lieux tend à se complexifier à mesure que nous progressons sur le jeu et en fonction des capacités débloquées.
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En effet, au début de l'aventure, nous n'avons accès qu'à des mécaniques somme toute assez classiques : le saut, le double saut, le dash/la ruée. Or, comme dans tout metroidvania, sur Tales of Kenzera : ZAU, le gameplay se densifie grâce à l'obtention de nouvelles aptitudes, liées à d'anciens chamans. Par exemple, dans les premières heures de jeu, nous débloquons une capacité permettant de glacer une surface aquatique. Plus tard, nous avons la possibilité de propulser Zau dans les airs en visant un point d'accroche et en utilisant une sorte de crochet.

Évidemment, chacune de ces aptitudes, en lien avec l'exploration, est nécessaire pour progresser dans l'histoire mais aussi pour dénicher les différents collectibles du jeu (échos, bibelots, etc.), qui renforcent Zau et qui sont demandés pour décrocher le Platine/100 %. Sur le titre de Surgent Studios, les bibelots, qui donnent des buffs plus ou moins significatifs et qui doivent être équipés à un établi, s'obtiennent après avoir réussi une séquence de platforming. Les échos, quant à eux, sont très bien cachés et approfondissent le lore. En outre, les lieux de méditation servent à augmenter la santé du protagoniste.
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Mentionnons également les rituels de l'esprit, qui sont des épreuves, proposant trois phases/séquences, durant lesquelles nous devons affronter une série d'ennemis sans mourir. Grâce à ces rituels, nous récupérons des segments d'esprit, qui augmentent la jauge en question (nous y reviendrons), ou encore des emplacements de bibelots supplémentaires. Étant donné que certains de ces collectibles ne sont accessibles qu'après avoir déniché une capacité spécifique, nous aurions aimé que le jeu propose un système de marqueurs pour la carte, afin de symboliser les chemins bloqués, et ainsi gagner du temps lors de notre quête du Platine. Hormis cela, rien à redire, la carte est très bien réalisée et est très lisible

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Évidemment, Tales of Kenzera : ZAU ne repose pas seulement sur l'enchaînement de séquences de plateformes et propose également des phases de combat, qui surviennent aussi bien durant l'exploration que dans des épreuves particulières, telles que les rituels d'esprit (élément cité précédemment). 

Une véritable danse

Afin de vaincre les ennemis, Zau dispose de deux masques : le masque de la lune, qui est axé sur les combats à distance, et le masque du soleil, centré sur les attaques au corps-à-corps. À tout moment, nous pouvons changer de masque, en actionnant une seule touche (L1 sur PS5), ce qui permet de réagir rapidement durant les combats. Ces changements réguliers entre les deux masques sont, d'ailleurs, nécessaires pour l'exploration mais aussi face aux ennemis. En effet, certains d'entre eux bénéficient d'un surbouclier spirituel, qui exige d'utiliser le bon masque pour briser leur résistance.
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Le masque de la lune et le masque du soleil disposent chacun de trois attaques : les attaques légères (il y a un cooldown avec le masque de la lune) et les attaques puissantes (touche triangle sur PS5), qui nécessitent de posséder de l'esprit (une jauge violette se remplissant en vainquant des créatures). Sans oublier, les attaques « ultimes » (R3 et L3), qui exigent elles aussi d'avoir de l'esprit : le souffle lunaire du masque de la lune envoie un rayon énergétique et le supernova du masque du soleil transforme Zau en un tourbillon de flammes. Ces mécaniques liées au combat sont assez simples à prendre en main mais sont diablement efficaces.

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Sur le metroidvania de Surgent Studios, il est possible de débloquer de nouvelles compétences pour chaque masque, en échange de points de chaman, qui s'obtiennent en récoltant de l'Ulogi, une énergie que nous récupérons en éliminant des ennemis ou en brisant des cristaux disséminés aux quatre coins de Kenzera. Certaines compétences proposées nous ont, évidemment, semblé plus intéressantes que d'autres.

Le soft ne dispose, malheureusement, pas d'un bestiaire très étendu. Toutefois, en ce qui concerne les boss, donc les grands esprits, nous avons remarqué un peu de diversité, ne serait-ce que dans les moyens de les vaincre alors que nous nous attendions à ce que le schéma se répète pour chacun d'entre eux (mais nous ne vous en dirons pas plus à ce sujet, afin de vous garder la surprise entière).

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S'inspirant des plus grands du genre (Hollow Knight, Castlevania, Super Metroid sont autant d'exemples cités par les développeurs eux-mêmes), Tales of Kenzera : ZAU est un excellent metroidvania (entrant ainsi dans notre top 10 personnel) et un jeu profitant d'un charme certain.

Une réalisation aussi charmante qu'envoûtante

Une identité visuelle plaisante 

Pour la direction artistique de Tales of Kenzera : ZAU, Surgent Studios a fait le choix d'opter pour une palette de couleurs très chatoyante, que ce soit pour les environnements et les personnages, bien que la thématique principale, c'est-à-dire le deuil, soit généralement représentée par des tons sombres ailleurs (films, jeux vidéo, etc.). La raison ? Tales of Kenzera : ZAU parle du chagrin mais célèbre aussi la vie/le vivant, comme l'explique les développeurs. 

D'ailleurs, les couleurs, pour les diverses zones que nous explorons, n'ont pas été choisies au hasard. Chacune d'entre elles fait sens avec le propos du jeu et entre en corrélation avec les différentes phases du deuil ainsi qu'avec des thèmes sous-jacents, comme la spiritualité, la paix, l'anxiété, et bien d'autres. Le tout fonctionne vraiment bien : les zones sont très belles et nous comprenons ce qu'elles apportent à la narration.

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Mention spéciale pour le chara-design des personnages, notamment leur portrait qui apparaissent lors des dialogues. Ces illustrations nous ont grandement fait penser au design des différentes divinités olympiennes présentes sur le roguelite de Supergiant Games, Hades, qui est un jeu que nous apprécions tout particulièrement.

Sur Tales of Kenzera : ZAU, l'interface est très épurée, ne laissant ainsi que les informations nécessaires à l'écran (barre de vie, jauge d'esprit, points de chaman disponibles) Notons, pour finir, que dans les paramètres du jeu, il est tout à fait possible de désactiver l'aberration chromatique. Cela devrait ravir celles et ceux qui ont du mal à parcourir un titre si cette option est présente.

Une bande originale marquante

La bande originale de Tales of Kenzera : ZAU a été créée par la compositrice britannique Nainita Desai, qui est notamment connue pour son travail musical pour plusieurs films ainsi que pour les jeux vidéo Telling Lies et Immortality. Les partitions de Tales of Kenzera : ZAU sont inspirées « des traditions musicales d'Afrique » et sont ainsi composées de sonorités enregistrées d'après des instruments traditionnels mais aussi de parties avec des vocalistes. Nul doute que la BO de Tales of Kenzera : ZAU finira dans les playlists de certains joueurs et joueuses, tant celle-ci est des plus plaisantes.

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Conclusion

9 Tales of Kenzera : ZAU, qui est le premier jeu de Surgent Studios, est une très belle réussite. Le titre propose un gameplay qui évolue au fur et à mesure de notre progression (compétences, capacités de chaman, etc.) et reprend ainsi les codes du metroidvania, tout en apportant sa propre identité, surtout visuelle et auditive, à l'ensemble.

Fort de son système narratif bien pensé, Tales of Kenzera : ZAU livre une histoire émouvante, mais qui ne me manque pas de coloration, d'espoir et de positivité. La direction artistique met très bien en valeur les thématiques abordées, sans pour autant verser dans le dramatique.

Tales of Kenzera : ZAU, qui propose une durée de vie très correcte, saura très certainement plaire aux amateurs du genre mais aussi aux joueurs, non habitués au metroidvania et jeu de plateformes, car la difficulté globale est assez bien équilibrée.

Une pépite à ne pas louper !
  • +La formule du metroidvania maîtrisée
  • +Un gameplay évolutif et intéressant
  • +Une belle variété en ce qui concerne les environnements
  • +Une narration originale et bien pensée
  • +Le chara-design des personnages (portraits) qui fait son effet
  • +Une durée de vie satisfaisante
  • -Un bestiaire peu varié
  • -L'impossibilité de mettre des marqueurs sur la carte
  • -Certaines compétences se révèlent être assez anecdotiques

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