Test de Sinner: Sacrifice for Redemption : le Boss Rush inspiré de la série Dark Souls

Publié le   par Laure Laborde
Après avoir repoussé sa sortie pendant un certain temps, le studio Dark Star a enfin sorti son premier titre, Sinner : Sacrifice for Redemption, jeu dit "Boss Rush" largement inspiré de la franchise Dark Souls. Le petit jeu indépendant venu des contrées chinoises mérite-t-il la comparaison avec l'incontournable du genre action RPG ? À lire également
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Le studio de développement From Software a lancé la mode du RPG d’action au gameplay exigeant en 2009 avec leur titre Demon Souls. Aujourd’hui, c’est surtout leur fameuse série Soulsborne (qui réunit Demon Souls, les 3 Dark Souls et l’exclusivité PS4 Bloodborne), qui a créé cet engouement pour les titres à la narration impénétrable et au gameplay incroyablement difficile. Ainsi, un nouveau type de jeu a vu le jour, le Boss Rush. Il s’agit tout simplement, comme son nom l’indique, d’un jeu qui ne contient que des boss, principalement situés dans des arènes individuelles, à l’image, par exemple de Shadow of the Colossus. Ici, c’est de Sinner : Sacrifice for Redemption dont nous allons parler. Sorti le 23 octobre, Sinner est le premier jeu du petit studio chinois Dark Star.



Un scénario pour le moins biblique

Vous incarnez Adam, héros qui n’est certes pas grand, mais qui est vaillant. Adam est un chevalier tombé au combat qui n’a aucun souvenir de son passé, à part qu’il a commis des péchés. Il doit de nouveau prendre les armes pour combattre ceux-ci pour atteindre la rédemption et retrouver la mémoire. Chacun des boss est donc un vice, ce qui n’est pas sans rappeler les 7 péchés capitaux de la tradition chrétienne. Le jeu évolue autour d’une question plus ou moins existentielle : combien êtes-vous prêt à sacrifier pour obtenir l’absolution ? Cependant, l’histoire dans Sinner : Sacrifice for Redemption est plutôt effacée. On a droit à une cinématique par boss : elles sont assez courtes et racontent brièvement l’histoire de celui-ci à l’aide de belles illustrations. Malheureusement, ça ne suffit pas à séduire ni à intéresser en termes d’histoire. Cependant, l’esthétique du jeu, elle, convint un peu plus.

Une direction artistique inégale

Si certains des boss sont esthétiquement très bien réalisés, notamment Levin Undok, d’autres le sont nettement moins. Le chara-design de certains boss laisse fortement à désirer, ce qui donne un gros sentiment d’inégalité dans la qualité esthétique du jeu. Les arènes sont toutes uniques, mais elles ne sont pas originales pour autant : elles sont d’un vide presque sidéral et manquent cruellement de détails. Dans l’ensemble, l’environnement ne sort pas particulièrement du lot. L’ambiance, néanmoins, est plutôt réussie. On évolue dans un monde très glauque et très sombre, qui reflète bien le combat intérieur que subit le héros. On notera également la qualité de la bande-son qui apporte énormément à l’atmosphère. À l’instar de Dark Souls, Sinner exploite le côté épique et universel de la musique classique et du chant lyrique. Si la direction artistique est légèrement inégale et que l’esthétique n’est pas des plus originales, Sinner apporte cependant des nouveautés rafraîchissantes en termes de gameplay.

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Un gameplay un peu maladroit avec de bonnes idées

Sinner : Sacrifice for Redemption se démarque de ses pairs grâce à sa mécanique de sacrifice. Chaque boss possède une sorte de pierre de prière devant laquelle vous devez faire un sacrifice pour accéder à son arène. La mécanique est la suivante : chacun des boss vous demandera de sacrifier de la vie, des capacités (de régénération par exemple), de l’endurance, des dégâts, ou des objets pour pouvoir accéder au combat. Une fois l’ennemi vaincu, vous gagnez un bonus de rédemption, c’est-à-dire de la vie ou de l’endurance en plus, mais vous gardez toutefois le malus de votre sacrifice. En gros, plus vous avancez et battez des boss, plus vous aurez de debuffs.

Vous pouvez également faire le choix de récupérer votre sacrifice, auquel cas vous perdez le malus d’origine, mais aussi le gain de santé et d’endurance que vous avez gagné après votre victoire, et le boss réapparaît dans l’arène. Le concept est plutôt intéressant et unique. Au lieu d’augmenter le niveau personnage et la difficulté des combats, le héros est de moins en moins fort face à des boss à difficulté variable. La mécanique aurait cependant mérité un peu plus de profondeur, en accordant par exemple de nouveaux objets ou plus de dégâts comme bonus de rédemption.

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Concernant le gameplay en lui-même, c’est-à-dire les combats, on est un peu loin de la série Soulsborne. Même si la ressemblance est flagrante au niveau des contrôles (une petite attaque, une grosse attaque, une attaque sautée, une parade et une roulade pour esquiver), et l’inspiration évidente, la qualité et le confort de jeu ne sont pas les mêmes. Adam possède une épée courte qui s’équipe avec un bouclier qui vous permet de parer et bloquer toutes les attaques et une épée longue plus lourde et plus lente qui fait plus de dégâts et qui vous permet de parer et bloquer quelques attaques seulement.

Vous disposez également d’objets consommables : potions de vie, javelots pour attaquer à distance, grenades, et un item pour ajouter des dégâts de feu à vos épées. Comme vous l’aurez compris, Sinner : Sacrifice for Redemption est un jeu difficile. Même si vous avez un bon niveau et que vous êtes un amateur de jeux du genre, il vous faudra probablement vous y reprendre à plusieurs reprises pour battre chacun des boss. Les sensations sont un peu "lourdes" et vous expérimenterez rarement une impression de fluidité lors des combats. Le personnage est certes petit, ce qui justifie la lourdeur des mouvements, mais ça n’est pas agréable pour autant. Pour ceux qui s’attendent à un gameplay fluide et agréable, comme celui de Dark Souls 3 ou de l’excellent Furi par exemple, passez votre chemin. 

Pour finir, les nombreux objets utilisables et les différentes armes donnent l’impression qu’il y a plusieurs stratégies possibles contre les boss, mais on se rend vite compte que ce n’est qu’une impression. Bien sûr, un certain degré d’apprentissage est nécessaire pour repérer les différentes phases et attaques des boss, comme dans les autres jeux du genre, mais on a vite le sentiment de ne pas avoir des masses de choix tactiques. Si certaines techniques peuvent être plus efficacement parées par certaines armes, par exemple, on se retrouve quand même rapidement à compter les combos et à attaquer presque à l’aveuglette. On regrette également le système de parade peu intuitif et le manque d'objets et d'armes à disposition.

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Conclusion

Sinner : Sacrifice for Redemption est un petit jeu, et qui plus est un premier jeu pour le studio Dark Star, et ça se voit. On déplore le manque d’originalité de l’univers ainsi que l’absence de narration et parfois de fluidité dans l’animation et les combats. Cependant, ce petit titre possède de bonnes idées, comme le concept de sacrifice, mais aussi des ressources de grande qualité, comme le design de certains boss et la musique. Malgré ses quelques défauts, Sinner : Sacrifice for Redemption reste un jeu qui ne manque pas de charme et qui saura en séduire plus d’un avec son prix de 18,99 €. Et puis, il ne faut pas oublier que le studio From Software a lui-même dû réaliser trois jeux avant d'arriver à un gameplay maniable et agréable... On attend donc Dark Star au tournant pour leur prochain titre.
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  • Une ambiance réussie
  • Une belle bande-son
  • Certains boss sont très beaux
  • Des touches d'originalité dans le gameplay
  • Le gameplay un peu rigide
  • Pas assez d'objets et d'armes différents
  • Le manque d'originalité de l'esthétique et de l'histoire
  • Le manque de narration
  • La direction artistique inégale
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