Gran Turismo Sport

Interview de Donald Reignoux : « Le Sim Racing est le seul concerné par une frontière aussi mince entre le virtuel et le réel »

Publié le   par Laureen Peers
À l'occasion du premier World Tour des FIA Gran Turismo Championships, organisé à Paris, nous avons eu l'opportunité de discuter avec Donald Reignoux de l'évolution du Sim Racing sur la scène esport, de son métier de comédien ainsi que celui d'animateur. À lire également
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Si son nom ne vous dit rien, il est plus que certain que sa voix vous rappellera un film, une série, un dessin animé, un jeu vidéo ou même une radio. Donald Reignoux a notamment prêté sa voix pour Titeuf, mais également pour une pléthore d'acteurs américains, sans oublier Lúcio dans Overwatch, Connor de Detroit: Become Human, et dernièrement Spider-Man. En parallèle des films, le comédien est l'une des voix off de la radio de NRJ et pour celles et ceux qui regardent Gotaga le lundi soir, Donald Reignoux explique les règles du Masterkills, en autres.

Enfin, passionné par les jeux de simulation automobile, il présente sur ES1 l'émission eRace où il revient sur les différentes actualités de la semaine, mais il a surtout été convié au premier World Tour 2019 des FIA Gran Turismo Championships pour commenter le stream français en compagnie de Fabien Enkey.


Tout le monde a déjà dû entendre ta voix au moins une fois à la radio, dans une série ou même dans un jeu vidéo, comment en es-tu arrivé à être commentateur ?
Quand j'ai commencé à travailler chez NRJ, j'ai rencontré Bertrand Amar. Je lui ai dit que j'ai toujours eu envie de travailler avec lui sur les jeux vidéo et il ne l'a pas oublié. Ce qui fait que quand il a lancé ES1, j'ai pu monter à bord et être aux commandes du Sim Racing. Ce côté animateur m'a beaucoup plus et c'est en animant l'Esports European League sur C8 qu'on a été repéré par Polyphony Digital avec Fabien Enkey. Du coup, ils nous ont confié les rênes du commentaire français des championnats.

Polyphony Digital est venu vous chercher pour cet événement à Paris ou vous vous êtes quand même proposés ?
Je pense qu'il y a dû avoir des discussions avec PlayStation France évidemment, mais oui, c'est venu de leur part. C'est une grosse marque de confiance et un projet énorme qui font que je me mets la pression avant chaque live pour bien faire et je tiens à ce que ce soit bien fait.

Au vu de la marque de confiance, penses-tu que si un jour des commentaires sont ajoutés dans Gran Turismo, il te demande de t'occuper de la partie française ?
Je n'y avais pas pensé, mais oui pourquoi pas, ça ferait comme pour les matchs de foot. C'est vrai que dans les jeux de voitures, il n'y a jamais de commentaires, du coup pourquoi pas.
Je ne sais pas si on peut proposer un programme similaire dans le Sim Racing autre que ce que fait Gran Turismo à ce niveau-là. C'est incroyable.
Selon toi, y a-t-il un point commun entre un commentateur et un comédien ?
Moins maintenant, mais au début je faisais vraiment le comédien qui faisait le présentateur. Depuis, j'ai bien compris les rouages de ce qui doit se faire, bien étudier le conducteur de l'émission pour savoir ce qui va se passer, faire des répétitions générales pour anticiper, puis avoir un programme qui soit aussi bien fait que ce que nous pouvons proposer dans les commentaires que le programme qui est proposé par la régie, qui sont des moyens de télé. Je ne sais pas si on peut proposer un programme similaire dans le Sim Racing autre que ce que fait Gran Turismo à ce niveau-là. C'est incroyable.

On peut voir de très nombreuses joueuses dans les jeux de courses, pourtant dans l'esport elles sont absentes
Dans les jeux de courses, ça évolue pas mal. Il faut passer par des qualifications, et dans les qualifs, il n'y a pas de différence entre un homme et une femme, il faut faire le meilleur chrono, mais il y a tellement de monde que l'étau se resserre. Après, il faut être honnête, il y a moins de filles qui jouent aux jeux de voitures, surtout pour aller dans l'esport. Je suis très pressé de voir une fille arriver dans notre Paddock dans les années à venir, ou même cette saison comme les qualifications online ne font que démarrer. 

Justement en parlant des années à venir, comment vois-tu l'évolution de la scène esport ? 
Le Sim Racing est le seul concerné par une frontière aussi mince entre le virtuel et le réel. On peut être pilote en virtuel et avoir un volant demain chez Nissan ou d'autres constructeurs. Je pense à Vincent Rigaud qui roule pour Lexus et qui pourra peut-être être appelé par Lexus pour faire un test drive sur le circuit et voir ce qu'il peut donner. L'esport aujourd'hui peut vraiment amener sur une carrière pro en pilote, je pense notamment à Lucas Ordoñez, mon collègue espagnol, qui roule encore en 24 heures et qui vient de la PlayStation. 


Et toi, est-ce que ça te tente de te lancer dans une carrière de pilote ?
Moi je suis bon, mais je ne suis pas assez au niveau. On avait des chronos sur la dernière course où les pilotes roulaient en 29-30 et moi j'étais en 37. Je sais que j'aurais pu l'améliorer, mais en étant très honnête je n'arriverai pas à passer en dessous des 35. Je suis dans le haut du panier de ce qu'on peut faire, mais je ne suis clairement pas au niveau des pilotes qu'on avait sous les yeux ce week-end. Après ce rôle de caster, d'animateur en règle générale me va très bien, c'est quelque chose qui me plaît vraiment. Une carrière dans l'esport, je préfère l'observer que de la vivre de l'intérieur surtout que ça demande une régularité dans les performances et c'est trop d'engagement. Je ne peux pas tout faire en même temps, déjà que je n'ai déjà pas le temps de jouer (rire). 

Tes enfants étaient présents ce dimanche, est-ce que tu leur fais découvrir cet univers ou tu préfères attendre qu'ils grandissent encore un peu ?
À la maison, on a une salle qui est consacrée aux jeux vidéo et dès qu'on un moment, on joue tous ensemble. Ils sont passionnés par ça. On joue beaucoup avec ma fille et mon fils, alors qu'il n'a que 6 ans, il a réussi à se classer 2e France sur un jeu mobile, donc je crois que c'est dans les gênes. Peut-être qu'un de ces quatre, j'aurai un esportif dans les rangs. On aime les jeux et c'est vrai que ça me faisait plaisir de les emmener aujourd'hui pour leur montrer à quoi ressemblaient ces événements Gran Turismo et surtout celui à Paris, il était immanquable. Comme ça, maintenant, ils savent ce que je fais quand je viens dans ces événements-là et comprennent pourquoi ça me tient à cœur. 
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