Le sanctuaire japonais rendu célèbre par Ghost of Tsushima interdit les touristes après « un acte de manque de respect impardonnable »

Florian Lelong Publié par Florian Lelong
le 24 mars 2025 à 16h13
Le sanctuaire Watazumi, situé sur l'île japonaise de Tsushima et rendu mondialement célèbre par le jeu vidéo Ghost of Tsushima, vient d'interdire l'accès à tous les touristes étrangers. Cette décision radicale fait suite à ce que les autorités locales qualifient « d'acte grave et impardonnable de manque de respect » commis par des visiteurs venus de l'étranger.
Le sanctuaire japonais rendu célèbre par Ghost of Tsushima interdit les touristes après « un acte de manque de respect impardonnable »

Un acte de vandalisme aux conséquences lourdes

Le sanctuaire shinto Watazumi est devenu un véritable lieu de pèlerinage touristique après la sortie du jeu Ghost of Tsushima en 2020, dont l'emblématique « Sanctuaire de la Roche Écarlate » est directement inspiré. Malheureusement, selon Automaton, des responsables du sanctuaire affirment avoir subi récemment des actes de vandalisme ainsi que des agressions verbales et physiques envers le personnel.

Les autorités ont dû faire appel à la police pour gérer ces incidents particulièrement préoccupants. Les responsables du sanctuaire ont déclaré avec gravité :
La destruction par le tourisme étranger de lieux, d'objets et de personnes que les Japonais chérissent profondément revient ni plus ni moins à la destruction de la culture japonaise elle-même.
Face à cette situation devenue intolérable, l'accès au sanctuaire est désormais réservé exclusivement aux fidèles locaux et aux pratiquants shinto.

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Le débat autour d'Assassin's Creed: Shadows relancé au Japon

Ce scandale intervient alors que le récent lancement controversé d'Assassin's Creed: Shadows, lui aussi situé dans le Japon féodal, alimente les inquiétudes sur d'éventuels comportements irrespectueux inspirés par les jeux vidéo.

La polémique est telle que le Premier ministre japonais Shigeru Ishiba a récemment dû répondre officiellement à des interrogations politiques à propos de ce nouveau jeu lors d'une réunion parlementaire. En effet, certains lieux réels tels que le sanctuaire Itatehyozu à Himeji (Hyogo) avaient été reproduits dans le jeu sans autorisation préalable. Le politicien japonais Hiroyuki Kada avait soulevé la crainte suivante :
J'ai peur que permettre aux joueurs d'attaquer et détruire des lieux réels sans permission dans un jeu puisse encourager des comportements similaires dans la vie réelle.
Le Premier ministre Shigeru Ishiba a répondu en affirmant qu'il condamnait fermement tout acte de dégradation réelle de lieux sacrés, et souligné que respecter les cultures et religions est « fondamental ».

Shigeru Ishiba
Shigeru Ishiba, le Premier Ministre japonais

Les fans de Ghost of Tsushima avaient pourtant soutenu le sanctuaire

Ironiquement, les fans de Ghost of Tsushima avaient auparavant montré leur solidarité avec le sanctuaire Watazumi en lançant une campagne de financement participatif en 2020, permettant de réparer les dégâts causés par un typhon. Ce contraste entre la générosité passée des joueurs et les actes récents soulève de nombreuses interrogations sur les effets du tourisme et de la popularité mondiale de ces lieux historiques.

Un problème plus large : la montée du tourisme excessif au Japon

Cet incident reflète une préoccupation plus large au Japon concernant ce que certains appellent le sur-tourisme, renforcé par la récente réouverture du pays aux touristes étrangers après la pandémie. De nombreux lieux culturels font face à une augmentation inquiétante du vandalisme et des comportements inappropriés, poussant les autorités à envisager des mesures plus strictes.

Dans ce contexte tendu, l'interdiction totale du sanctuaire Watazumi risque d'amplifier le débat déjà très vif sur le respect des traditions culturelles japonaises.

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