Après avoir été annoncé à l'E3 2015 comme une exclusivité Microsoft, Ashen, le premier jeu du développeur néo-zélandais indépendant d'Aurora44, édité Annapurna Games, a fait son entrée sur PC et Xbox One le 7 décembre dernier à l'occasion des Game Awards.
Ashen devait à l'origine contenir des éléments de survival, comme des jauges de faim et de soif, mais les développeurs d'
Aurora44 (ou A44) et l'éditeur
Annapurna Games ont fait le choix de ne pas inclure ces mécaniques et de faire de leur jeu
un action RPG tout ce qu'il y a de plus simple. Attention, quand on dit « tout ce qu'il y a de plus simple » ce n'est pas une critique, bien au contraire. Si l'histoire et le gameplay ressemblent bien à la série
Dark Souls, Ashen reste un titre unique qui se démarque à sa façon.
Un monde lumineux sans soleil
Le jeu raconte l'histoire d'
un monde plongé dans l'obscurité depuis des siècles qui retrouve enfin la lumière grâce à la renaissance d'un être mystérieux et divin appelé Ashen. Vous incarnez un héros sans nom qui doit défendre cette entité lumineuse des autres créatures qui lui préfèrent les ténèbres. Pour cela, il vous faudra
combattre des hordes d'ennemis divers et variés et vous lier d'amitié avec les personnes que vous rencontrerez qui vous aideront à reconstruire le monde grâce à leurs différentes compétences.La cinématique d'introduction nous présente un monde qui évolue cycliquement : après la mort du Ashen vient l'âge de l'obscurité, puis l'âge des êtres qui vénèrent la lumière, puis l'âge des hommes, tous trois régis par une divinité différente. Ça vous rappelle quelque chose ? Oui, cette cinématique ressemble à s'y méprendre à des images que l'on pourrait voir dans un Dark Souls. Ici, cependant, c'est clairement la mythologie nordique qui est à l'honneur. En effet, le monde est partagé en neuf royaumes avec, en leur centre, l'Arbre de Vie, à l'identique des légendes nordiques.
Des combats seul ou accompagné
À l'instar de la série Soulsborne, les combats dans Ashen sont basés sur les commandes suivantes : une attaque légère, une attaque lourde, ainsi que des déplacements d'esquive, le tout
soumis à une barre d'endurance. Rassurez-vous, c'est là que s'arrêtent les comparaisons avec Dark Souls.
La prise en main est agréable et les combats sont fluides et dynamiques, et ils sont également dans l'ensemble
plus simples que ceux des jeux FromSoftware. Attention cependant, les combats sont plus faciles certes, mais le danger rôde partout et le jeu n'hésite pas à user et à abuser des embuscades, et c'est parfois un problème. On a plusieurs fois le sentiment que la difficulté réside plus dans
un level design maladroit que dans des ennemis réellement challenging.
Vous bénéficiez également d'
un choix d'armes assez vaste parmi les armes à une main et celles à deux mains. Malheureusement, les armes ont quasiment toutes les mêmes attaques, et
elles ne se démarquent pas particulièrement les unes des autres. Vous pouvez donc jouer seul ou accompagné, mais il faut garder à l'esprit que
la coopération est une des mécaniques centrales d'Ashen. Elle est en effet fortement encouragée grâce à un système de « matchmaking » qui vous permet de trouver un compagnon automatiquement.
Dès que vous quittez votre ville, ou votre point de sauvegarde, une personne qui se situe au même endroit du monde sera automatiquement connectée. Si le système ne trouve personne, vous aurez droit à un compagnon IA qui est cependant un peu bugué. La coopération est très agréable, car en plus de bénéficier d'aide lors des combats, la compagnie est fortement appréciée dans les contrées désertes et hostiles du monde.
Des graphismes qui se ne prêtent pas à l'exploration
Ne vous méprenez pas, Ashen est ravissant, et l'exploration est agréable. Cependant, le choix des graphismes « low poly » n'est pas toujours idéal.
Certaines zones sont très monochromes, et cela entraîne parfois des difficultés à se repérer. Comme dit plus haut, les ennemis sont très souvent en embuscade, et il est difficile de les voir venir dans certains environnements aux couleurs trop proches. Il existe également une mécanique de saut qui vous permet de grimper, et ce n'est pas toujours évident de savoir ce qui est escaladable et ce qui ne l'est pas. Même si cela ressemble à un détail, ce problème se révèle parfois très frustrant, surtout pour un jeu qui nécessite beaucoup d'exploration. Pas de panique toutefois, c'est dommage, certes, mais ce souci ne va pas jusqu'à gâcher l'expérience. La direction artistique reste réussie dans l'ensemble et
l'identité graphique fait très certainement partie des points forts d'Ashen.
La renaissance d'une civilisation
Ashen raconte l'histoire d'un monde qui renaît après des siècles dans les ténèbres.
Vous vous attellerez donc petit à petit à la reconstruction d'une ville du nom de Vagrant's Rest. Vous rencontrerez
différents personnages qui possèdent différentes compétences, et à la manière de nombreux jeux (dont Dark Souls, oui), ceux-ci
viendront peupler votre ville et vous proposer leurs services. Ces services comprennent l'achat et le crafting d'objets, l'amélioration de vos équipements, ainsi que le leveling de votre personnage. Vous ne prenez pas de niveaux à proprement parler, c'est-à-dire que vous n'avez pas de statistiques à augmenter, mais
vous améliorez votre personnage en améliorant ses armes et sa gourde. C'est d'ailleurs un peu dommage, car
cette mécanique enlève un peu du sentiment de progression qu'un leveling plus classique peut apporter.
En plus de peupler votre ville et de vous proposer leurs services,
ces personnages vont également construire des bâtiments et des maisons. À chaque fois que vous reviendrez dans Vagrant's Rest, vous pourrez découvrir un nouveau chantier en cours, ou un nouveau bâtiment. Cette mécanique, en plus de celle de coopération, renforce
le sentiment de communauté qui est au cœur d'Ashen et qui le démarque des autres jeux du genre. Cet aspect de construction communautaire donne un véritable sentiment d'espoir qui distingue véritablement Ashen du monde légèrement fataliste de Dark Souls par exemple.
Quelques bugs et problèmes
Ashen souffre de
quelques bugs de caméra, comme beaucoup de jeux de genre, il faut le reconnaître.
Les IA se bloquent parfois contre les murs, mais c'est surtout le level design qui laisse à désirer. Les zones sont peu originales, pas toujours agréables à explorer, et la mécanique de saut / escalade fonctionne une fois sur deux.
L'inventaire n'est pas très pratique et on peut facilement se retrouver coincé dedans lorsqu'on ramasse un objet au mauvais moment, c'est-à-dire quand on se fait attaquer. Certains objets mériteraient par exemple de se retrouver dans un inventaire « à part » : l'item permettant de se téléporter à la ville n'est qu'à « quelques clics » de la gourde de soin, et si vous ne faites pas attention vous risquez de vous téléporter pendant un combat de boss (oui, c'est du vécu).
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