Après plus de vingt ans d'attente, les amateurs d'Advance Wars voient leurs rêves se réaliser avec un portage réunissant les deux opus de la série en un seul titre qu'est Advance Wars 1+2 Re-Boot Camp. Nous avons eu l'occasion de le tester en avant-première et voici notre avis.
Une nostalgique histoire
Naturellement destiné aux adeptes du titre sorti en
2002 sur GameBoy Advance, Advance Wars se présente rapidement comme une référence du « Wargame » en séduisant de nombreux joueurs, tant par son aspect tactique que sa direction artistique aux allures de manga. Aujourd'hui,
Advance Wars 1+2 Re-Boot Camp a pour ambition de replonger la communauté dans cet univers, en le modernisant. Mais pour celles et ceux qui découvrent la licence avec cette version,
voici un récapitulatif succinct de ce qui vous attend.
Advance Wars propose un gameplay d'époque relativement simple : déplacer des unités sur un champ de bataille à l'allure de damier, capturer des villes/usines/ports et finalement venir à bout de
votre objectif annoncé en début de mission. Par ailleurs, c'est la campagne qui vous tendra initialement les mains afin de s'habituer et perfectionner les bases du jeu tout en découvrant les généraux alliés et/ou ennemis ainsi que leurs pouvoirs et caractéristiques,
souvent décisifs.
L'histoire commence au sein de la faction
Orange Star, avec le
Général Andy, une nouvelle recrue, en proie aux attaques d'
Olaf, général principal de
Blue Moon. Au fil du temps vous découvrirez l'ensemble des factions et généraux qui composent
Advance Wars.
Gameplay initial
Dans Advance Wars, il est possible de s'affronter entre
2 à 4 joueurs sur des cartes de toutes les tailles. Chaque joueur incarne un général, aux compétences uniques, comme avoir une affinité pour le combat à distance ou l'infanterie, ainsi qu'un pouvoir qui renforce généralement ce trait particulier ou qui affecte les unités ennemies.

Dans le but de gagner de l'argent, créer des unités, les soigner et/ou réapprovisionner en munitions/essence, il est possible de capturer des éléments comme : villes, usines, ports, etc. Notez que si le mode multijoueur ne propose que deux objectifs, que sont la capture du QG adverse ou l'anéantissement de son armée,
ceux du mode campagne sont plus diversifiés avec des objectifs tels que la protection d'unité ou la capture d'un certain nombre de villes.
Pour ce faire, chaque joueur ou IA peut compter sur un ensemble de
18 unités réparties entre terre, mer et ciel, chacune disposant de caractéristiques propres qu'ils s'agissent de déplacements, point forts/faibles, etc.
Quand bien même vous n'arriveriez pas à identifier facilement celles-ci, une aide en jeu est disponible d'un simple clic qui permet également de connaître les avantages ou inconvénients du terrain sur lequel l'unité se trouve. La polyvalence et l'aspect stratégique du titre se révèlent ici puisque, outre les affinités généraux/unités, il faudra également
prendre en compte le terrain qui impactera les dégâts infligés ou les déplacements possibles. Pour exemple, un tank ne pourra pas traverser une montagne et sera ralenti dans les forêts.
À cela vient s'ajouter, parfois,
un brouillard de guerre, qui camoufle les unités adverses situées en dehors de votre champ de vision. C'est ici que le titre prend tout son sens et rappel une nouvelle fois sa domination de l'époque puisque, si les facteurs pris séparément sont assez simples à prendre en main, c'est leur complémentarité qui mettra en place l'aspect tactique. De fait, une infanterie en haut d'une montagne
augmentera sa vision périphérique, tandis qu'une unité en forêt deviendra quasiment indétectable.

Notons toutefois que
l'IA n'a pas vraiment évolué depuis 2002 et qu'il reste assez facile de jouer contre elle en anticipant ses déplacements ou focus. En revanche, cela devient bien plus intéressant lorsque vous êtes confrontés à d'autres joueurs qui établiront des stratégies totalement différentes, sans avoir peur de sacrifier des unités pour arriver à leurs fins. Ajoutez à cela le grand nombre de généraux disponible et vous obtenez un jeu facile à prendre en main, mais
terriblement addictif et complexe pour celles et ceux qui cherchent à
perfectionner leurs stratégies.
Mode de jeu
Déjà impressionnant à sa sortie en 2002,
Advance Wars 1+2 Re-Boot Camp offre la même diversité avec les modes suivants : Campagne, Mode VS, Magasin de Hachi, Quartier Général, Galerie et le créateur de cartes. Notez que les noms ont quelque peu changé face à ceux de 2002, le mode entraînement n'existe plus (intégré en préambule de la campagne) tandis qu'un mode en ligne est ajouté.

Sans surprise la campagne et la galerie parlent d'eux même. Quant au
mode VS, s'il conserve la possibilité de jouer à quatre sur une même console en la faisant changer de main, nous sommes heureux de constater qu'un
mode sans-fil remplace l'iconique câble link pour le jeu multiconsoles. En outre et non des moindres,
l'ajout d'un mode en ligne permet d'affronter ses amis où qu'ils se trouvent. Or, aucun système de recherche aléatoire ne semble disponible, pour se confronter à d'autres joueurs.

Le mode QG (Quartier Général) est similaire au mode VS, mais il évalue les performances du joueur et
les récompense avec une note de C à A (ou S pour une performance parfaite) à l'égal de ce que nous pouvons trouver en campagne.
Finalement, et idéalement pour
récompenser les joueurs ardus et persévérants, voici le retour de la boutique, à présent dénommé
Magasin de Hachi, où les joueurs peuvent utiliser leurs crédits acquis en mode campagne ou QG pour acheter de nouvelles cartes, des thèmes/musiques ou de nouveaux généraux. Même si nous vous laissons le soin de découvrir les potentielles nouveautés par vous-même, notez que des objets plus rares et intéressants peuvent apparaître une fois que
certaines conditions sont remplies, comme finir la campagne avec un rang bien précis.
Un lifting intéressant pour le Reboot
Maintenant que vous savez tout, passons à la modernisation proposée par
Advance Wars 1+2 Re-Boot Camp.
Premièrement, la mise à jour graphique des unités sur la carte ou en combat, conservant le même format cartoon, gardent l'esprit du titre tout en actualisant le rendu des unités grâce aux évolutions qu'apportent la console Nintendo Switch. En outre, certains des soldats sont maintenant de couleurs. Néanmoins, nous sommes légèrement déçus par
la modélisation de l'infanterie sur la carte, avec une tête disproportionnée ou aux allures de jouets, que nous oublions vite, mais qui contraste avec le lissage opéré sur l'ensemble des autres unités.
Concernant le champ de bataille, il s'agissait sûrement de la zone ayant le plus préoccupé les équipes. En effet, il fallait moderniser l'ensemble sans le rendre illisible pour
conserver l'aspect tactique et épuré du titre. Honnêtement, c'est un pari réussi. La direction artistique s'approche de celle d'antan avec des courbes plus harmonieuses et des coloris adaptés pour confirmer le travail de fond sans dénaturer le titre.

Les généraux sont également revus et apparaissent maintenant sous un modèle retravaillé avec un doublage propre. L'animation des pouvoirs ainsi que certains de leurs noms se voient modifiés, mais
sans grand impact sur la compréhension. Le tout est très agréable pour apporter une fluidité au titre ainsi qu'un lifting apprécié et approprié.
Seulement voilà, bien que
le titre propose un doublage, il ne sera audible que sur les premières phrases ou apparitions des généraux avant de laisser place à un doublage restrictif sur certains mots ou groupes de mots. À ce prix là, n'avoir une synthèse vocale que pour le pouvoir de général aurait été plus pertinent, surtout pour une modernisation où les joueurs aiment pouvoir s'identifier aux protagonistes. En outre, plusieurs généraux offrent
une voix peu adaptée à leur charisme ou tempérament tandis que d'autres sont infantilisés, voire niais. Un bémol cependant peu impactant sur la qualité générale d'Advance Wars 1+2 Re-Boot Camp.
Pour finir, il est possible de faire avancer le temps plus vite pour
écourter l'attente, mais également rejouer un tour à n'importe quel moment et sans coût particulier. De quoi gagner en rejouabilité et laisser plus de place à l'erreur.
Advance Wars dans l'ère du temps
Loin d'être une révolution du genre, surtout après la sortie de titres iconiques comme Fire Emblem, pour ne citer que lui,
Advance Wars 1+2 Re-Boot Camp se veut surtout nostalgique. Les animations de combats, modernisées sont agréables à découvrir, mais finiront rapidement supprimées pour
gagner en temps de jeu.

Le gameplay, bien que fluidifié par le biais de « l'avance rapide », se veut toujours aussi lent, pour des parties en mesure de s'éterniser selon la carte et les joueurs impliqués. En outre
il ne faut pas s'attendre à des animations hors du commun ou des attaques surpuissantes enclines à dorloter votre rétine.
Pourtant, nous nous laissons volontiers embarquer dans l'aventure, renouvelée et historique pour nous permettre de poser les mains sur
un titre emblématique de l'époque. Sa durée de vie s'associe volontiers aux différents objectifs stratégiques de la campagne comme du Quartier Général qui sauront vous garder des heures penché sur votre console.
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