Après l'avènement de Bayonetta 3, ce nouvel opus revient aux sources et se focalise sur le passé de la protagoniste. Nous avons eu en main Bayonetta Origins: Cereza and the Lost Demon et voici notre avis.
Un opus inattendu
Contre toute attente, en fin d'année
2022, l'annonce de
Bayonetta Origins: Cereza and the Lost Demon est survenue, juste après que
Bayonetta 3 ait remporté le titre de jeu d'action de l'année. Ce prequel novateur vient briser les codes de la saga. Il est à noter que, n'ayant jamais joué à aucun épisode de Bayonetta auparavant, ce test nous ouvre la porte à cette saga, avec un œil nouveau et curieux.
Quand bien même vous ne voulez en apprendre que le minimum, nous vous recommandons de lire
notre article preview comprenant un point de vue objectif afin de
garder caché un maximum d'informations.
Une histoire colorée et captivante
Préambule
Sans surprise, ne serait-ce que par les différentes informations données par les développeurs, les amateurs ou néophytes de
Bayonetta découvrent un titre loin des standards de la licence, une prise de risque tant sur la composition que sur le style. Habituellement entouré d'un environnement mature aux graphismes humanisés, voire sensualisés pour la protagoniste, c'est ici une approche totalement différente. L'histoire nous est narrée tel un conte pour enfants
dans lequel nous sommes acteurs des évènements. L'univers transpire l'enfance et vient en totale complémentarité de l'histoire.
Rappelons également qu'il est assez rare d'obtenir des informations concernant le Lore derrière les Bayonetta : or ici
le passé de celle du troisième opus nous est progressivement dévoilé, du moins en partie. Naturellement dénommée Cereza, nous prenons part à l'aventure de cette petite sorcière, chétive, mais pleine d'ambitions. C'est ainsi que, hantée d'un rêve récurrent, Cereza est invitée,
par un mystérieux personnage, à rejoindre la forêt interdite d'Avalon dans le but d'
y trouver un pouvoir lui permettant de sauver sa mère, quête dont elle est embesognée depuis que
cette dernière est mise aux oubliettes durant l'enfance de Cereza.
Une fascinante épopée, qui peine à commencer
La forêt interdite d'Avalon propose un environnement
combinant craintes et beautés. Les paysages, tout en couleurs et peintures, sont simples, mais suffisamment détaillés et contrastés pour rendre
l'aventure immersive et visuellement agréable. Pour autant loin d'être juvénile, cette expérience permet de lier la vision immature de Cereza à celle du joueur pour l'intégrer au mieux dans le récit.

C'est d'ailleurs ici que le titre prend tout son sens avec une épopée progressive où
l'évolution de notre petite sorcière ne se fait pas que sur ses pouvoirs ou ceux de Chouchou, le démon qu'elle tente d'invoquer pour
se protéger dans la forêt et qui finit coincé dans sa poupée éponyme.

Il s'agit également d'un voyage personnel qui va
permettre à Cereza de grandir. Il est important de relever ce point du jeu puisque les bases de l'aventure sont assez longues à se poser
tandis que certaines solutions nous semblent bien plus évidentes qu'à nos protagonistes. Ceci est la résultante de deux esprits aux objectifs dissidents qui, bloqués ensemble à la suite de leurs mésaventures, doivent trouver un moyen de coopérer.
L'évolution de leur relation sera à l'appréciation de chacun et bien que nous ne soyons pas sur une aventure poignante,
elle n'en reste pas moins prenante. À cela vient s'ajouter un scénario bien ficelé et combiné à une douce direction musicale qui sait se montrer convaincante.
Un gameplay simple et efficace
Un monde qui regorge de secrets
La forêt interdite d'Avalon est composée de plusieurs zones que vous pouvez arpenter librement, à condition d'avoir les pouvoirs nécessaires. C'est d'ailleurs un point crucial puisqu'il faut souvent revenir en arrière, pour les amoureux de passages secrets et/ou objets cachés. Par ailleurs, pour découvrir plus amplement les zones de jeu, il faut réaliser des stages nommés « Tír na nÓg » offrant plus ou moins de résistance, selon votre avancement dans l'histoire, permettant de dévoiler une partie embrumée de la carte.
Ces zones sont facilement décelables puisqu'un voile invisible s'immisce au milieu du chemin. Une fois traversée,
la zone est altérée empêchant de progresser tant que le stage n'est pas conclu.
En outre, la forêt interdite d'Avalon regorge de ressources, utilisables pour la création de potions, ou l'évolution des compétences que nous verrons plus tard.
Afin de progresser dans la forêt d'Avalon il sera nécessaire de séparer
Cereza et
Chouchou pour qu'ils accomplissent des tâches différentes, mais complémentaires. Notez que les deux écrans ne peuvent pas se scinder et que la perte de l'un ou l'autre (tomber dans un trou par exemple) équivaut à mourir pour le duo.
De fait, il faudra faire attention à notre tandem et prendre le temps de considérer les possibilités d'actions. Les déplacements sont restreints aux bases que sont la marche, l'attaque et les pouvoirs.
Pour profiter d'actions différentes, il faut s'approcher de bordures ou zones particulières vous invitant à appuyer sur ZL pour réaliser, par exemple, un saut. La progression reste tout de même agréable puisqu'elle ne demande pas de
gymnastique particulièrement difficile, du moins pour l'exploration.
Il faut chouchouter Cereza
Cereza et Chouchou profitent d'un gameplay atypique puisque chaque personnage est attitré à un joystick de votre console. Celui de gauche contrôle la sorcière tandis que le démon profite du droit.
Cereza aura plutôt un rôle de support puisque son pouvoir de
l'Umbra, encore aux prémices, est simplement en mesure de faire éclore certaines fleurs ayant pour objectif de récupérer des ressources ou
créer des liaisons entre plateformes. Si aucune interaction n'est requise pour utiliser ses pouvoirs en combat, il faudra jouer du joystick selon
un rythme particulier calqué sur la danse que réalise Cereza.
Finalement, la jeune sorcière peut tenir Chouchou dans ses bras lorsqu'il reprend sa forme de peluche pour diverses raisons telles qu'une mobilité facilitée (un seul joystick) ou profiter de ses compétences, différentes, sous cette forme. Cereza est ainsi faible,
mais loin d'être dénuée d'utilité.
Concernant Chouchou, le démon,
il fait office de combattant. Ses griffes permettent de découper les ronces qui bloquent leurs chemins tandis que ses compétences permettent de venir à bout d'ennemis spéciaux ou découvrir des zones cachées de la forêt. L'alternance entre le mode peluche et monstre se fera instinctivement pour répondre aux contraintes du moment.
Une danse synchronisée
Sans surprise,
Bayonetta Origin s'éloigne des habitudes côté gameplay. Ici, la plupart des combats sont séquencés et nécessitent d'être terminés pour pouvoir avancer. Notez que dans le fond, ces derniers ne sont pas très ardus, mais demandent une certaine réflexion.

La réelle difficulté réside dans l'utilisation en simultanée du duo. Chaque Joycon
faisant profiter de compétences propres à Cereza ou Chouchou, le combat doit être mené de concert. Comme dit précédemment, la sorcière n'inflige aucun dégât en combat, mais sera d'une aide cruciale à
Chouchou grâce à son entrave roncière. Cette dernière immobilise la cible, ce qui permet au démon de se faufiler, par exemple,
dans le dos d'ennemis équipés de boucliers.

Pour ce qui est de
Chouchou, il dispose d'attaques en relation avec sa forme, mais également son élément actuel. Pour n'en citer qu'un, la plante lui confère une langue en forme de liane afin de donner des coups de loin ou agripper objets et ennemis. Bien sûr, plus nos deux compères évoluent
plus les ennemis sont coriaces et capables de se défendre face aux pouvoirs cités plus haut.
C'est ici que la partie se corse et que nous découvrons la complexité du titre. Il faut penser à toujours coordonner les mouvements de
Cereza et Chouchou pour éviter que la sorcière ne subisse d'assaut et que
Chouchou soit en mesure d'effectuer les dégâts nécessaires et adaptés à la situation. Bien que
Chouchou pourrait se suffire à lui-même, l'aide de
Cereza est un point crucial à ne pas mettre de côté. Par ailleurs, les fleurs
en bas à gauche de l'HUD représentent la vie de Cereza alors que Chouchou,
lorsqu'il subit trop de dégâts, reprend simplement sa force de peluche pour retourner auprès de
Cereza.

Enfin, si les combats sont moins nombreux ils n'en restent pas moins stratégiques ou agréables. Notons tout de même que
la synchronisation des deux personnages peut, selon la situation, engendrer une surcharge d'informations obligeant à garder sa focalisation sur l'un ou l'autre. En outre ne pouvant utiliser qu'un seul Joycon par protagoniste,
le ciblage est parfois hasardeux, demandant de faire des tours sur soi-même dans le but d'avoir l'ennemi en face de soi pour l'utilisation de sorts ou compétences.
Sanctuaire, arbre de compétences et pouvoirs
Bien que la progression de votre aventure permette de débloquer des pouvoirs ou même améliorer votre capital de santé en trouvant trésors, pétales et autres composants,
ce n'est pas le seul moyen de faire évoluer nos deux compères. Dans le but d'améliorer la résistance de chacun et les compétences disponibles, la forêt d'Avalon abrite des Sanctuaires qui, en plus de permettre la sauvegarde et une zone non hostile, offre la possibilité à
Cereza et Chouchou de se perfectionner.
Notez qu'il sera nécessaire de récupérer des ressources et non de l'expérience pour
débloquer ou développer les compétences. En revanche, le choix d'évolution est à votre seule initiative.
Pour revenir sur les sanctuaires, ils permettent d'améliorer vos compétences,
sauvegarder votre partie, mais également se déplacer rapidement entre ceux débloqués ou réaliser des potions.

Bien que d'apparence peu utile en début de partie,
les potions deviennent rapidement indispensables et capables de renverser une situation à condition d'être utilisées à bon escient. Simple, mais efficace, pensez toujours à en concocter quelques-unes.
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