Test d'Atomic Heart : Un monde de machines

Clémence Usseglio Publié par Clémence Usseglio
le 24 février 2023 à 12h00
C'est avec l'action-RPG, Atomic Heart, que le studio de développement Mundfish fait son entrée dans le paysage vidéoludique. Nous avons eu l'opportunité de parcourir le jeu. Voici notre avis complet.
Test d'Atomic Heart : Un monde de machines

Un chaos robotique

Le soulèvement des machines

Avant de vous parler du scénario d'Atomic Heart, revenons sur les faits qui délimitent le paysage autour de l'aventure du Major P-3, le protagoniste. C'est à la fin des années 30 que le professeur Sechenov fait la découverte d'un dispositif très étrange et encore inconnu, le Polymère. Ses propriétés permettent, entre autres, de créer des robots. Démarre alors, en Russie, un grand chantier de production d'automates, devant assister les Hommes pour certaines tâches, et ce dans le monde entier.

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Plus tard, Sechenov conçoit le système Kollectiv 1.0, créant un réseau contrôlé où tous les robots fonctionnent ensemble. Or, le professeur ne s'arrête pas là : ce dernier compte introduire le module « Pensée », qui donnerait la possibilité aux humains de contrôler les robots avec leur esprit, dans ledit système (nommé alors Kollectiv 2.0). Malheureusement, et comme vous vous en doutez déjà, tout ne se passe pas comme prévu : le lancement de Kollectiv 2.0 se retrouve saboté et les robots se sont subitement retournés contre les humains. Un soulèvement des machines qui pourrait, alors, avoir de lourdes conséquences pour le monde entier... si le Major P-3 n'intervient pas.

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La riposte du Major P-3

Sous les ordres du professeur Sechenov, le Major P-3 est envoyé pour découvrir l'identité de la personne ayant fait échouer le lancement de Kollectiv 2.0 et pour remettre le système neural en état, avant que la situation ne s'aggrave davantage. Une enquête qui l'amènera à se rendre dans diverses infrastructures scientifiques de l'installation 3826, qui pullulent d'automates passés en mode combat et de créatures faites de polymère qui n'hésiteront pas à l'attaquer au premier regard.

Tout au long de l'aventure, le Major P-3 fait également la découverte de certaines informations le concernant, et plus précisément quant à son passé dont il a tout oublié suite à un lourd accident durant la guerre, mais aussi la rencontre de personnages secondaires qui lui apporteront un autre point de vue sur les événements.

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L'histoire d'Atomic Heart est assez intéressante et bien pensée, mais s'avère complexe à suivre. Le scénario du jeu est, d'ailleurs, composé de quelques rebondissements (que nous ne vous détaillerons pas ici pour vous garder la surprise) faisant sens, mais somme toute assez prévisibles. En outre, certaines fois, l'écriture fait quelque peu défaut à l'ensemble : nous pensons notamment aux lignes de dialogue entre le Major P-3 et le gant en polymère dont il est équipé, nommé Charles, qui ont tendance à envahir le joueur d'informations (difficiles à lire dans le cas où vous n'avez pas opté pour la VF et que vous avez activé les sous-titres). Ou encore aux dialogues avec la borne de réparation Nora, permettant de crafter des armes, mais aussi d'améliorer ses compétences, composés d'allusions sexuelles d'une grande lourdeur et pouvant susciter un certain malaise.

En ce qui concerne la durée de vie d'Atomic Heart, comptez une petite quinzaine d'heures de jeu, voire un peu moins, en ligne droite. Et, facilement, le double pour décrocher le Platine ou bien 100 % du titre de Mundfish, qui demande d'effectuer des actions spécifiques et d'accomplir des activités annexes. Notons que cette estimation varie également en fonction du mode de difficulté choisi au lancement du soft (modifiable par la suite via les paramètres). Atomic Heart en propose trois, au total : Facile, Normal et Hardcore. Il y a de grandes chances que dans la difficulté la plus élevée, les joueurs et les joueuses passent ainsi beaucoup plus de temps sur Atomic Heart.

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Un gameplay nerveux, mais pas que.

L'aspect « bourrin » du gameplay d'Atomic Heart, mis en avant dans les divers trailers illustrant le jeu, se fait réellement ressentir, manette en main. Bien que le titre dispose de mécaniques proposant aux joueurs d'adopter une approche plus furtive, notamment pour les combats, Atomic Heart marque par sa nervosité.

Le Major P-3 peut, ainsi, s'équiper de différents types d'armes (mêlée, à courte portée, à moyenne distance), qu'il convient de fabriquer en échange de ressources via la borne Nora (suite à l'obtention, au préalable, des plans adéquats), mais aussi leur apposer des cartouches spéciales, infligeant des dégâts élémentaires aux ennemis (feu, glace, électricité, etc.). Sans oublier, des pouvoirs (télékinésie, gelure, bouclier, et bien d'autres) octroyés par le gant Charles, et qui se débloquent en tant que compétences via la borne Nora, et ce en échange de neuropolymère. À ce sujet, notons que le jeu propose une variété de capacités à débloquer. En revanche, petit bémol pour le système de loot, qui est peu intéressant, et la gestion de l'inventaire, qui ne se veut pas intuitive.

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Ne vous attendez pas à croiser qu'une poignée de robots basiques sur Atomic Heart. Comme dit précédemment, vous serez également amenés à battre des créatures, faites de polymère, des mutants ou encore des machines imposantes, qui font figure de boss. De plus, notons que dans certaines missions, ces ennemis sont présents en nombre, ce qui exige d'adopter une approche très nerveuse, au risque, dans le cas contraire, de mourir. En ce qui nous concerne, nous avons trouvé cet aspect plutôt intéressant. Néanmoins, l'absence de touche attribuée au verrouillage de cible nous a, fréquemment, frustré et les mouvements du protagoniste, assez lents et lourds, peuvent devenir gênants, surtout quand une horde de vingt mutants vous bloque dans un coin, laissant comme seule option celle de marteler la touche d'attaque.

Pour autant, cet aspect nerveux est contrebalancé par d'autres éléments qui ralentissent, parfois trop, le rythme. C'est le cas, notamment, du monde ouvert qui se révèle assez peu intéressant en soi. Atomic Heart nous invite, effectivement, en marge des missions principales, à parcourir des sites de tests, disséminés aux quatre coins de la carte. Ces lieux permettent, par exemple, de débloquer des accessoires pour les armes. Néanmoins, ces items ne sont pas forcément des plus essentiels, tant il est possible de terminer le jeu sans eux. Par ailleurs, le level design de certaines infrastructures est parfois un peu frustrant et manque de clarté.

Le gameplay d'Atomic Heart ne se résume pas à des séries d'affrontements, dans des zones cloisonnées. Tout au long de l'aventure, les joueurs et les joueuses doivent également résoudre diverses énigmes, puzzles ou traverser quelques séquences de plateforme. Sans oublier, la présence de mini-jeux, notamment un simulacre de Snake sur grand écran, et des verrous placés sur les porte-clés. À ce propos, remarquons que le jeu ne nous prend pas par la main et que plusieurs énigmes nécessitent, quelques fois, de réfléchir pendant de longues minutes avant de trouver la solution. Ces éléments sont, en réalité, plutôt intéressants, mais bien trop présents, par moments.

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Une ambiance particulière

Atomic Heart brille davantage grâce à son ambiance, qui fait invariablement penser à celle de BioShock (les deux premiers opus, en tout cas) et à Control, d'une certaine manière. Les différents complexes scientifiques que nous arpentons ont chacun leur propre décor, qui oscillent entre horreur, beauté et sentiment d'oppression. Mention spéciale, d'ailleurs, pour la séquence sur la scène du théâtre/opéra. La palette de couleurs, très marquée par le rouge, rend le tout très attrayant à l'œil. De plus, la direction artistique du jeu, plutôt particulière, mais sublime, parvient à capter l'attention tout du long. Les jeux de lumière sont également maîtrisés, aussi bien en extérieur qu'en intérieur.

La bande originale d'Atomic Heart, qui se veut plutôt originale, offre des pistes musicales très rythmées et des remix électro pour les combats. Ce qui accompagne bien l'aventure et renforce, nécessairement, le côté nerveux du gameplay.

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Concernant l'aspect purement technique, notre expérience s'est déroulée sur la version PS5 et était, dans son ensemble, relativement satisfaisante.

Toutefois, notons que notre aventure a rencontré quelques accrocs puisque nous avons été confrontés à l'impossibilité de déplacer une arme, tout juste fabriquée, depuis la borne Nora vers notre inventaire, sans que le jeu ne crash (récurrent). Impossible ainsi de parcourir le titre avec d'autres armes que celles de base, ce qui entache l'appréciation générale. Remarquons que la mise à jour déployée le 21 février 2023 a résolu cette problématique.

Nous avons noté quelques approximations sur certaines textures au dernier plan et des baisses de framerate, par endroits. Mais rien de bien handicapant et cela va, certainement, être corrigé par les développeurs, si ce n'est pas déjà fait à l'heure où vous lisez ces lignes.

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Conclusion

7 Avec Atomic Heart, le studio Mundfish propose un premier jeu convaincant dans l'ensemble, grâce à son gameplay nerveux et son histoire assez intéressante associés à une ambiance saisissante, mais qui aurait pu être encore meilleur. Le titre n'est pas exempt de défaut, notamment au niveau de l'écriture et à cause de certaines mécaniques qui se veulent moins marquantes, parfois frustrantes. Une expérience de jeu qui ne conviendra probablement pas à tout le monde, mais qui vaut tout de même le coup d'œil.
  • +Un jeu qui ne nous prend pas par la main...
  • +Une durée de vie correcte
  • +Un gameplay nerveux
  • +Une histoire complexe, mais intéressante
  • +Une version PS5 satisfaisante
  • +Une OST originale mais collant bien à l'aventure
  • -... mais qui manque de clarté, par moments
  • -Des rebondissements prévisibles
  • -Des mécaniques qui brisent le rythme
  • -Une écriture parfois en deçà
  • -Un monde ouvert pas si intéressant, en réalité
  • -Quelques problèmes rencontrés

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