Horizon: Zero Dawn est sorti dans nos salons le 1er mars 2017. Très attendu par les fans du genre, cette exclusivité Sony développée par Guerrilla Games, pourtant plus connu pour la saga Killzone, vaut-elle toute cette hype ? Verdict en terre sauvage, arc en main.
Les nouvelles licences sont devenues une rareté à l'ère actuelle qui prône les suites à tout va, et
les nouvelles licences exclusives sont presque des licornes à ce stade, car il est devenu inhabituel pour une marque de tenter de créer de nouvelles franchises emblématiques lorsque
tout se veut multi-plateforme maintenant. Mais c'est ce que
Gerrilla Games a essayé de faire pour Sony avec
Horizon: Zero Dawn, et après avoir joué au jeu pendant
plus de 60 heures, je peux vous assurer que
le pari est réussi, et haut la main.
Horizon: Zero Dawn est un changement radical pour Guerrilla,
plus connu pour la série de FPS Killzone, qui a toujours été rattachée à la PlayStation, sans être une franchise principale dans un genre surpeuplé et dominé par Call of Duty et Battlefield. Et passer à un genre RPG en monde ouvert n'est pas exactement un choix très judicieux, le genre étant tout aussi établi,
et même sursaturé diront certains.

Et à bien des égards,
Horizon: Zero Dawn ressemble à beaucoup de RPG en monde ouvert paru avant lui. Sa troisième personne et son gameplay mêlant combat à l'arc et escalade ont certainement
des échos des nouveaux jeux Tomb Raider. Son monde et sa structure ressemblent beaucoup à
Far Cry Primal. Mais dans Horizon,
la plupart de la faune est robotique et absolument terrifiante.
Et c'est là que se trouve le
"crochet" central d'Horizon. Le jeu a été en tête de nombreuses listes des
"jeux les plus attendus de 2017" grâce à ses visuels magnifiques et son concept franchement innovant :
des guerriers tribaux chassant et combattant des machines robotiques semblables à des dinosaures dans un avenir lointain après que notre monde actuel ait été détruit.

Vous jouez en tant qu'
Aloy, l'héroïne flamboyante d'Horizon
destinée à devenir la nouvelle icône PlayStation aux côtés de Nathan Drake, ce qui est sûrement ce que Sony espérait. Mais revenons à l'histoire du jeu. Aloy et son père adoptif sont
des parias, évités par leur peuple pour des raisons peu claires, mais le jeu s'ouvre avec Aloy essayant de
gagner sa place au sein de la tribu au cours d'une épreuve pour les jeunes appelée
"L'Éclosion". Aloy veut non seulement finir cette épreuve afin d'être enfin acceptée par les autres, mais surtout la gagner, ce qui lui permettrait de poser n'importe quelle question aux matriarches, les cheffes de la tribu, pour
découvrir l'identité de sa mère. Et si cela sonne comme le début d'un roman pour adolescents, je peux vous assurer que vous serez surpris par la suite,
l'ambiance changeant radicalement, et ce très rapidement.
Et le voyage d'Aloy vers la découverte de son passé s'avère
beaucoup plus compliqué qu'elle ne l'imagine, et pour trouver ses réponses, elle devra voyager à travers le monde, loin de chez elle, les Terres Tribales. Elle découvrira que plus elle en apprend sur elle-même et ses origines,
plus elle en saura sur le mystère qui a rendu le monde tel qu'il est actuellement. Elle devra aussi faire face à des querelles et à
des guerres entre les différents clans humains, dont l'un utilise les machines qu'ils corrompent afin de les soumettre. C'est joyeux, vous verrez.

Mais parlons plus de l'héroïne du jeu de Guerrilla. J'aime Aloy. J'ai mis
le jeu en version anglaise afin d'avoir les doubleurs originaux, et je dois reconnaître qu'
Ashly Bursh a fait un travail fantastique, tant Aloy est
dure, mais souvent
compatissante et parfois drôle. Il n'y a pas ce syndrome Lara Croft
"la fille qui doit devenir une femme". Après une brève séquence d'entraînement durant l'enfance, Aloy devient
une guerrière badasse pour tout le reste du jeu, et plus elle combat la menace robotique et avance dans sa quête,
plus les autres tribus la traite comme telle. Et on ressent
une réelle progression dans la relation avec les PNJ disséminés ça et là dans le monde.
Tout au long du jeu,
Aloy brille de par sa personnalité,
son histoire, d'abord dans son rôle un peu désespérant
en tant que paria évitée de tous et essayant de prouver sa valeur ainsi que sa relation touchante avec Rost, son père de substitution. De même, elle est inspirante tout au long du jeu, dans ses choix, dans sa façon d'être. Et elle l'est encore plus vers la fin du jeu, quand elle avance de plus en plus sur la voie pour
devenir une reine-guerrière ayant sauvé le monde.
Et ce qui donne cette constance à Aloy, c'est en partie grâce à ce que Horizon fait avec les quêtes secondaires, en donnant à chacune
une petite histoire,
sa propre identité,
sans jamais paraître hors sujet dans l'histoire, en veillant à ce qu'aucune d'entre elles ne soit
sans substance ou creuse, comme dans nombre d'autres RPG à monde ouvert.
Mais ce qui fait la grande force d'Horizon,
c'est l'arc global de l'histoire, qui explique ce qui est arrivé au monde et pourquoi Aloy est un élément clé de l'équation. Vous pouvez être en mesure de relier quelques points sur cette apocalypse du fait que notre monde actuel est complètement en ruine (et si vous êtes attentif, vous pourrez remarquer quelques détails connus de notre monde dans le jeu) et le monde envahi de machines meurtrières, mais
l'histoire est beaucoup, beaucoup plus profonde que ça. Guerrilla a vraiment démontré tout son savoir-faire dans la science-fiction
en imaginant un monde vraiment intéressant, et en créant une histoire que
vous êtes véritablement curieux de découvrir et de voir expliquée. C'est un récit qui prend vraiment beaucoup de sens une fois que tout est révélé, et l'histoire de la fin de notre Vieille Terre et le début de cette nouvelle ère peuplée de tribus et de machines
est étonnamment bien pensé, parvenant à faire d'Horizon mon scénario de jeu préféré, et de loin.
Mais même si son histoire fait déjà d'Horizon: Zero Dawn
un très bon jeu, il ne serait pas un excellent jeu sans une mécanique de gameplay cohérente. Et heureusement, celui-ci est à la hauteur, et dans de nombreuses séquences,
on retrouve cette expérience épique que nous avons vue dans les trailers.

Il y a
deux types principaux d'ennemis que vous devrez combattre :
les humains, et bien entendu
les machines. Et malheureusement, même si les adversaires humains représentent près de la moitié du nombre de séquences de combat dans le jeu,
c'est là que les choses se ternissent un peu. Il y a très, très peu de complexité dans un combat Aloy vs Humains. Vous pouvez one-shot
n'importe quel ennemi avec de simples améliorations, et si vous vous retrouvez en face-à-face, un simple combo avec votre lance viendra à bout de tous les ennemis en seulement deux coups. Et si cela est trop compliqué pour vous, arrosez simplement vos adversaires de flèches de feu et regardez les se débattre vainement.
Et
si l'adversité humaine se situe au pôle Nord, alors
les combats contre les machines sont le pôle Sud. Alors que vous pouvez vous faufiler et tuer relativement facilement les créatures du début du jeu,
vous allez rapidement arriver devant des créatures plus grandes, plus mauvaises, plus rapides, et
surtout plus meurtrières, qui n'hésiteront pas une seule seconde avant de vous attaquer. Et
ces séquences de combat contre les machines sont l'endroit où le jeu prend véritablement vie, et où il se différencie de la concurrence.

Aloy a accès à
une multitude d'armes non traditionnelles qui vous permettront de survivre lors de ces combats contre les machines. Elle peut mettre en place
des pièges grâce à une arme tendant des fils à déclenchement, elle peut
immobiliser les machines à l'aide de cordes,
envoyer des grenades élémentaires pour les paralyser ou les geler, et elle a accès à non pas un, mais
trois types d'arcs différents, chacun ayant sa spécialité, avec
différentes flèches pour différentes situations. Votre arc ordinaire peut tirer
des flèches normales ou des flèches de feu, tandis que votre arc de tireur d'élite peut
percer l'armure et
faire tomber les blindages des machines grâce à des flèches soniques. Et votre arc de guerre est
purement élémentaire, capable de
paralyser, de
geler, ou de
corrompre (avec une version améliorée) les ennemis. Aloy a également la capacité de
"hacker" manuellement des machines afin de les
rallier de son côté : certaines qu'
elle peut monter pour se déplacer plus rapidement, d'autres pour simplement avoir
une aide dans différents combats. Et croyez-moi, avoir un Oiseau-Tempête à vos côtés lors de l'attaque d'un camp de bandit,
il n'y a rien de plus cool.
Dans ces combats, vous devrez vraiment faire attention
aux tactiques,
aux vulnérabilités élémentaires,
aux point faibles de l'ennemi... Si vous vous pointez en face de machines en ayant posé un piège ici ou là et en tirant des flèches au hasard,
vous ne tiendrez pas plus de 30 secondes. Mais une fois que vous commencez à prêter attention à ce qui fonctionne pour chaque machine, c'est là que
les choses deviennent vraiment intéressantes. Mettre en place des fils qui déclenchent différents pièges pour
étourdir une Gueule d'Orage. Congeler des Oiseaux-Tempête pour
exposer leur noyau vulnérable. Tirez des flèches de feu sur les Étincelles jusqu'à ce qu'elles s'écrasent pour pouvoir les finir avec votre lance. La combinaison de toutes ces tactiques, armes et ennemis créée
des combats vraiment convaincants, et surtout
très recherchés et intenses, beaucoup plus que ce que l'on pourrait attendre d'un jeu comme celui-ci.

A contrario, il y a
quelques petits détails qui vous rappelleront qu'il s'agit du premier jeu en monde ouvert de Guerrilla. Pour une raison quelconque, ils ont décidé de faire
des voyages rapides basés sur un article consommable, ce qui est vraiment irritant dans les premières étapes du jeu,
où toutes vos ressources sont précieuses. Et ce n'est que par grâce à la chance que j'ai découvert que, finalement, les marchands vendaient un élément permanent qui permet des voyages rapides infinis, car
le jeu ne m'a jamais indiqué qu'un tel objet était disponible.

Dans l'ensemble,
j'aime énormément Horizon: Zero Dawn. C'est un jeu
très complet,
très bien développé, et je le classe très facilement dans mon top 5 des meilleurs jeux auxquels j'ai eu la chance de jouer. Je suis tombé
plus de 60h dedans, et ceci sans chercher à farm de l'expérience (celle-ci s'acquérant très facilement : j'étais niveau 30 et plus pour les quêtes principales de niveau 15), sans chasser à outrances
les collectionnables (peu présents, peu mis en avant, et ça c'est cool), et en essayant grossièrement d'obtenir
les médailles d'or des zones de chasse et de vider les camps de bandits. Je me suis surtout contenté d'
explorer le monde, de
finir la quête principale ainsi que les secondaires, et de faire au maximum
les différentes grottes des Anciens.
J'ai été impressionné par Horizon
dès le début, à l'instant même où j'ai vu Aloy bébé, et j'ai été
un converti durant tout le jeu. Horizon possède
un univers incroyable,
authentique,
sympathique, mais aussi
dur et cruel. Le gameplay est absolument
excellent et intuitif, et il évite certains des défauts récurrents des autres jeux du genre,
comme des quêtes secondaires à outrance et sans intérêt. Il y a bien
quelques problèmes qui montrent qu'il s'agit du premier jeu du genre de Guerrilla, mais
ceux-ci sont bien loin de ternir l'expérience. Entre son histoire, son univers, et son gameplay de machines géantes,
Horizon tire clairement son épingle du jeu et se classe dans la catégorie Unique.
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